Rennes Métropole, pionnière pour l’industrie du futur

Rennes - Nantes : 20 minutes

 

Aujourd’hui, le nouveau projet de réforme territoriale de Marylise Lebranchu est un danger pour notre démocratie. En décentralisant certaines compétences de l’État tout en diminuant les dotations aux collectivités, elle fait de la métropole un outil de destruction des peuples désormais capable d’asphyxier les petites communes en absorbant leurs ressources. Doit-on alors se réjouir que Rennes soit entrée au Panthéon des grandes métropoles françaises avec ses 43 communes et ses 412 000 habitants ? Si c’est pour devenir Saturne dévorant ses enfants, certes non ! D’autant plus que pour séduire sa nouvelle clientèle internationale, la métropole devra favoriser l’implantation d’entreprises tertiaires plus rentables au détriment d’industries désormais bien moins « compétitives ». En bref, on prône une économie soit disant plus moderne pour ne pas avouer que l’austérité nous gouverne. Deux exemples pour Rennes Métropole montrent clairement cette direction.

Le piège du tertiaire
en période de crise financière

- D’une part, le colossal projet EuroRennes qui vise à réaménager le quartier de la gare en un grand centre d’affaire. L’arrivée de la ligne à grande vitesse jusqu’à Rennes connectant Paris en moins d’une heure et demie est bien évidemment la justification d’un tel investissement. On compte accueillir 7000 emplois exclusivement dans le secteur tertiaire pour concentrer le pouvoir et servir l’image de grande ville européenne que Rennes aspire à devenir. La Métropole centrale s’accapare ainsi les budgets pour son prestige international, délaissant le reste de son vaste territoire.
- D’autre part, le projet de cité écologique Via Silva visant à transformer, d’ici 2040, plus de 600 hectares de terrain agricole au nord de Cesson-Sévigné en un complexe urbain expérimental associant entreprises R&D du numérique, espaces naturels, transports « doux » (marche à pied, vélo, trottinette…) et logements réservés pour les cadres travaillant sur le site. Il s’agit là d’un projet de technopole sans usine, une bulle économique totalement dissociée de la production industrielle, sorte de « Breizh Sillicon Valley » (c’est le nom qu’on lui donne) conçue uniquement pour faire valoir des préoccupations environnementales que l’on tartine tel un miel vert pour attirer les gros ours investisseurs.
Bref, on redéfinit la vie citadine rêvée de la future métropole sans agriculteurs, sans ouvriers, sans non plus les techniciens ingénieurs avec leurs machines- outils. C’est le modèle type « Métropolis » utopiste qu’imagine un Jacques Attali, sorte de lieu de circulation pour une élite « nomade » et des travailleurs condamnés à des emplois tertiaires temporaires et précaires sans « arrière pays » étayant leurs activités.

Ressusciter l’industrie du futur

Or, l’avenir de Rennes Métropole ne peut se concevoir sans le sauvetage et l’ensemencement du savoir-faire industriel que l’on retrouve, entre autre, dans les usines PSA et STMicroelectronics. Il nous faut pour cela nous appuyer sur les projets scientifiques et technologiques que la ville a su promouvoir à travers les partenariats d’entreprises de Rennes Atalante. Cette association fondée en 1984 rassemble aujourd’hui plus de 300 entreprises, des centres de recherches et des universités qui coopèrent ensemble dans des secteurs aussi essentiels que la santé, la télécommunication et le numérique, l’agro-science, ou encore la productique/mécanique. Grâce à elle, l’usine PSA et le groupe Legris S.A. ont mis à la disposition des étudiants du Campus de Ker Lann un centre d’expérimentation de soudage industriel par laser, un microscope à balayage électronique de même qu’un centre de prototypage rapide et d’usinage à grande vitesse. Cet équipement industriel et scientifique, aussi essentiel pour des jeunes chercheurs et ingénieurs que pour les industries qui bénéficient du fruit de leurs travaux et recherches, devra être non seulement conservé mais aussi continuellement diversifié et disséminé sur l’ensemble des campus. Ceci en faisant en sorte que les partenariats entre universités et entreprises ne dépendent pas seulement de quelques gros groupes mais d’une multitude d’industries de taille plus restreinte opérant dans des secteurs bien plus spécialisés et dont l’implantation bénéficiera également aux communes périphériques. Imiter ainsi le système de réseaux des petites entreprises innovantes allemandes (les mittelstand) et parier sur l’extension d’industries dites « inédites » (entre autre, robotique, aéronautique), voilà la direction qu’une métropole comme Rennes devra prendre à l’avenir.

Une locomotive : l’aérotrain

Pour que cette dynamique industrielle puisse être relancée, il faut bien évidemment une locomotive. Celle-ci sera la politique de grands projets à l’échelle nationale et internationale que nous défendons, rendue possible grâce à une stricte séparation des banques associée à une politique de crédit public à long terme. Dans ce cadre, un grand axe de transport ferroviaire traversant le Grand-Ouest français verra le jour, avec, comme tronçon essentiel, une liaison à grande vitesse entre Rennes et Nantes via l’aérotrain. Un partenariat avec la Métropole de Nantes pourra être lancé pour financer une partie des travaux, avec l’aide de l’État et d’autres collectivités concernées, afin d’attirer sur le territoire de nouvelles entreprises et usines spécialisées, et permettre ainsi la reconversion des sites industriels de PSA et STMicroelectronics. Afin de fournir à ses habitants des emplois qualifiés, élevant à la créativité et garantissant les conditions d’une vie digne, Rennes Métropole devra en effet relever ce défi pionnier. La Chine a bien réussi à faire alunir un robot, on ne voit pas pourquoi Rennes Métropole ne pourrait pas faire revivre l’aérotrain. C’est du moins la meilleure réponse que l’on puisse faire aux pragmatiques pessimistes qui fixent toujours le bout du doigt quand on veut leur montrer la Lune.

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